Des chercheurs français du CNES ont réussi à développer une montgolfière un peu
spéciale : Bulle d'Orage. Elle tient son nom du fait qu'elle est gonflée avec de l'air
humide saturé en vapeur d'eau. La différence avec une montgolfière classique remplie
d'air sec, c'est qu'elle peut monter vraiment plus haut : jusqu'à la stratosphère (11
500 mètres)... De plus, elle n'a pas besoin de brûleur !
En 1958, il fallait une fusée de 12 tonnes aux Américains pour satelliser 1,5 kg. Cette
disproportion vient du fait que dans les basses couches de l'atmosphère et à basse
vitesse, la fusée est le moins rentable des systèmes propulsifs ; en outre, elle doit
apporter une quantité énorme d'oxygène pour alimenter la combustion de ses moteurs.
Il existe un moteur qui fonctionne comme celui d'une fusée avec l'oxygène de l'air : le
statoréacteur. Mais il a un inconvénient, il ne fonctionne bien qu'au-delà d'une
certaine vitesse : Mach 1,5. Ici intervient Bulle d'Orage. Si elle largue un avion doté
d'un statoréacteur à 35 000 mètres d'altitude, celui-ci pourra atteindre la vitesse
nécessaire dans sa chute libre et remonter ainsi vers 40 000 mètres à la vitesse de
Mach 6. Larguée par l'avion à cette vitesse et cette altitude, une petite fusée à deux
étages de 200 kg permet de satelliser 2 kg.
Aux Etats-Unis, un
laboratoire récemment appuyé par la NASA met au point des "aerobots".
Qu'est-ce qu'un aerobot ? C'est un véhicule aéronautique d'exploration planétaire
robotique (AEROvehicle for Planetary roBOTic exploration). Les aerobots ont quelques
caractéristiques qui les différencient des ballons traditionnels :
- position autonome, détermination de l'altitude et de la vitesse ascentionnelle sans
intervention du sol.
- Aptitude à contrôler activement sa propre aptitude
- Aptitude à suivre un trajet prédéterminé en atmosphère en utilisant un contrôle
actif de l'altitude et des différents états du vent.
- Capacité à atterrir sur des sites choisis.
Les applications de l'aerobot dépendent des objectifs scientifiques, comme des
observations sous la couche nuageuse opaque aux ondes radio, le sondage du relief d'une
planète, l'observation des atmosphères chaudes ou celle des états du vent.
Les moyens de gonflement de l'enveloppe du ballon diffèrent si la planète est de type
terrestre (solide), comme Mars, Terre, Venus et Titan, ou gazeuse, comme Jupiter, Saturne,
Uranus et Neptune. Dans l'atmosphère d'une planète "terrestre", le ballon sera
un ballon à gaz, c'est-à-dire, qu'il sera rempli d'un gaz plus léger que l'air
(hydrogène, hélium...). Pour une planète gazeuse, le ballon sera rempli d'air ambiant,
comme une montgolfière. L'air sera chauffé par un absorbeur de rayons infrarouges sur
l'enveloppe.